Cystite, infections urinaires, quels remèdes naturels?

Cystite, infection urinaires: le réflex du doc’, ce sont les antibiotiques. Certes très utiles quand nécessaires, ils s’avèrent parfois impuissants à traiter les terrains résistants sur la durée. Peux-t-on alors envisager des remèdes naturels? Canneberge(cranberry), bruyère ou busserole sont-elles efficaces?

Vous l’ignorez peut-être, mais des millions de femmes souffrent de cystites ou d’infections urinaires. Cette maladie touche en effet 1 femmes sur 5 environ au moins une fois dans sa vie! Les solutions apportées par la médecine conventionnelle, les antibiotiques, s’avèrent parfois inefficaces ou tout simplement inadaptés à la longue. Peut-on donc envisager les remèdes naturels? Canneberge (cranberry), busserole et bruyères sont-ils vraiment efficaces? Dans quels cas? Qu’en-est-il de l’équilibre acido-basique?

Infections urinaires: mêmes symptômes, causes multiples!

Pour traiter les infections urinaires naturellement, il est nécessaire de bien reconnaître le mal caché derrière le symptôme. Si les symptômes: brûlure, envie fréquente d’uriner, voire sang dans les urines, sont identifiables facilement, leurs causes sont parfois diverses: infections bactériennes par E.coli (80-85%), Klebsiella et proteus mirabillis, ou staphylocoques saprophytes (5-10%), réaction aux radiothérapie et chimiothérapie, altération de la membrane interne de la vessie (cystite intersitielle), extension de mycoses vaginales, etc.
Hors les plantes médicinales recommandées pour traiter les infections urinaires ne s’attaquent pas toujours à l’ensemble de ces problèmes!

Des examens en cas de doutes et pour être sûr!

Bien sûr, l’expérience nous permet parfois d’avoir un avis diagnostic mais…
En cas de doute, d’inquiétudes, il n’y a guère qu’un seul recours sûr: le doc’, l’ECBU, l’examen d’urine pratiqué en laboratoire, voire plus. Pour nous aussi, les accros de la phyto, ces examens sont utiles : pour choisir le bon remède naturel, il faut connaître le vrai problème.
Voici quelques conseils dans le cas d’infections par E.Coli et de cystites interstitielles.

Cranberry

Cranberry © Flickr/Green Massachusetts

Cranberry… vraiment efficace?

Certains docteurs préconisent maintenant la cranberry ou canneberge (vaccinium macrocarpon) à leurs patients en adjuvants ou en prévention. La canneberge est en effet considérée comme le remède naturel phare contre la cystite.
Encore faut-il être précis: la canneberge ne prévient et ne traite (dans les cas non compliqués) qu’un seul type d’infection urinaire: les infections urinaires par les E.Coli. La canneberge, comme la myrtille (vaccinium myrtillus), a la propriété d’empêcher l’adhésion des bactéries E.Coli sur les parois de l’appareil urinaire. Cette propriété est due à la proanthocyanidine de type A qu’elle contient. Elle empêche ainsi le développement de l’inflammation, et favorise l’évacuation des bactéries.

Ma recette naturelle: Boire un verre de pur jus de canneberge bio 2 fois par jour minimum, matin et soir, ou boire tout au long de la journée 1 litre de jus de canneberge bio dilué à 20% dans de l’eau de source. Commencer dès les premiers signes de l’inflammation!
En prévention des infections par E.Coli, buvez aussi régulièrement, hors crises, du jus de canneberge.

Contre-indications: si vous ressentez la gêne de la cystite malgré la prise de canneberge, c’est probablement que l’origine de l’infection est autre que E.Coli. Votre cystite est peut-être interstitielle. Dans ce cas-là, la canneberge risque de ne faire qu’empirer le problème. Le jus de canneberge va acidifer l’organisme, quand il aurait besoin d’être basifié!
La canneberge ne doit pas être pris en même temps que des anticoagulants.

Bruyère

Bruyère © Flickr/rore

La Bruyère: mon désinfectant urinaire

Les bruyères Callune, (calluna vulgaris) ou cendrée, (erica cineara) sont un excellent remède contre les infections urinaires bactériennes. Elles poussent partout en France sur les sols acides, les landes. Elles ont donc le mérite d’être un traitement local.
Côté principes actifs: les bruyères contiennent entre autres substances un désinfectant naturel des voies urinaires: l’éricodine qui permet de lutter contre les germes. Elles renferment des tanins et flavonoïdes à l’effet anti-inflammatoire qui apaisent les douleurs liées à l’infection. Enfin, elles possèdent une action diurétique, ce qui aide la vessie à se débarrasser des germes infectieux.

Ma recette naturelle: dès les premiers signes de l’inflammation, faites une décoction de 1 cuillères à soupe de sommités fleuries de bruyère dans une tasse et demi d’eau dès les premiers signes d’irritation de la vessie ou d’infection. Faites bouillir 3 minutes et infuser 10 minutes supplémentaires. Répéter 3 fois par jour jusqu’à disparition des symptômes.
Contre-indications: non indiquée pour les personnes souffrant d’insuffisances rénales.

Busserole

Arctostaphylos uva-ursi © Flickr/pellaea

La busserole également efficace?

La busserole (Arctostaphylos uva-ursi ), autre remède local de la même famille que certaines bruyères (erica), semble aussi efficace contre les infections urinaires bactériennes. Elle contient, comme les bruyères mais en plus grande quantité, de l’arbutoside ou arbutine. L’arbutoside est transformée par l’organisme en hydroquinone dans le cas d’infections en milieu alcalin. L’hydroquinone est un bon désinfectant des voies urinaires. Elle peut venir à bout d’une grande variété de germes, y compris les E.Coli. (Certains témoignages pourraient laisser à penser qu’elle est aussi efficace contre Klebsiella mais cette information reste à fortement vérifier.) Tanins, picéoside et acides phénols possèdent aussi un effet antibactérien qui agit en synergie.

Ma recette naturelle: dès les premiers signes de l’inflammation, 15 à 20 gouttes de teinture-mère de busserole dans un verre d’eau plutôt alcaline (PH supérieur à 7), 2 à 3 fois par jour jusqu’à disparition totale des symptômes. Pas plus de trois semaines d’affilées.
Contre-indications: les enfants de moins de 12 ans, les femmes enceintes et allaitantes (principe de précaution), les personnes souffrant d’insuffisances rénales (comme pour tous diurétiques!) ne doivent pas en consommer sans avis médical.

PH et infection urinaire: attention à ne pas empirer le mal!

Le PH de l’urine est un facteur important dans les infections urinaires. Dans le cas des infections urinaires bactériennes, l’acidification des urines aura un effet positif, car les germes n’apprécient pas l’acidité. Dans le cas de cystites non bactériennes – cystites interstitielles en particulier, c’est le contraire: l’acidité de l’urine pourra empirer la situation en s’infiltrant là ou la muqueuse protectrice de la vessie est affaiblie et entraîner les douleurs. Il s’agira donc de basifier l’urine. Elles sera ainsi moins agressives contre les muqueuses abîmées.

L’alimentation va jouer ici un rôle déterminant: en fonction de votre problème urinaire, il s’agira de consommer les aliments adéquats, soit acidifiant, soit alcalinisant ou basifiant comme la banane. Cette consommation peut atténuer les douleurs: à ne pas sous-estimer!

Mon conseil: ne vous fiez pas à l’acidité présente ou absente dans les aliments pour déterminer le PH réel d’un produit. Le goût n’est pas ici un bon vecteur d’information puisque par exemple, le citron, acide, est un basifiant.

Toutes les recettes maisons de ce blog, et toutes les informations présentées, le sont à titre indicatif. Elles ne remplacent en aucun cas les consultations des spécialistes en aromathérapie, docteurs, et pharmaciens. Ce blog décline toute responsabilité quant à l’usage qu’il serait fait de l’information donnée.

 


9 commentaires

  1. Jamonneau dit :

    Bonjour . Mon mari a une infection urinaire . Résultat analyse d’urine : enterococcus faecalis . Traitement d’antibiotique ( Oflocet ) depuis 6 jours . Il aimerait boire des tisanes pour aider , et le pharmacien vient justement de proposer : bruyère et busserole .
    1° question . Faut-il les préparer en décoction ?
    2° question . depuis quelques jours , mon mari boit aussi du bicarbonate de sodium . Mais vu ce que vous dites sur le PH de l’urine , est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux qu’il boive du vinaigre de cidre ?
    Merci pour vos réponses et pour votre site très intéressant !

    • Bonjour,

      Pour la bruyère, qui se trouve facilement sous forme de plante sèche qualité bio (magasins bio, certaines pharma, herboristerie…) la décoction convient très bien. (Le problème avec les gellules, c’est qu’il faut vraiment vraiment faire attention aux dosages, parce que chez certaines marques c’est 6 gellules à la fois qu’il faut prendre 3 fois par jour…!)
      Pour la busserole, elle se trouve plus facilement sous forme de teinture-mère. Je préfère la forme liquide, mais c’est très personnel.

      Alors je dirais, après quelques petites recherches que le pb des bactéries du genre Enterococcus, c’est qu’elles survivent à une grande fourchette de PH (4,5-10) (ce qui ne vaut pas pour d’autres bactéries dont la croissance dans les voies urinaire est inhibée par un PH 5,5).
      Donc, de l’eau bicarbonatée si il prend de la busserole sera utile parce que cela aide le travail de la plante. Sinon, je ne suis pas sûre que basifier ou acidifier l’urine dans ce cas précis aie une véritable utilité.

      Il nous faudrait l’avis d’un vrai spécialiste!

      Bien à vous

  2. Marine dit :

    Je trouve cet article très riche et pertinent.
    (Les contre indications notamment)

    Merci !

  3. sabrina dit :

    bonsoir, j’ai une infection urinaire Klebsiella comment la traiter avec des tisanes merçi

  4. soney dit :

    on peut prendre les gélules cranberry avec une tissane s’apelle  » santé vie » composé par queues de cerise,busserole plante,myrtille,arôme cerise granules. Ma question si on peut prendre les deux au même temps? J’ai peur que la dose sa soit trop.

    • Bonjour,

      Je n’avais pas vu l’alerte mail de votre message, avec mes excuses.
      Pour votre question, cela dépend de beaucoup de facteurs:
      - du problème (préventif je suppose puisque vous mentionnez la cranberry?),
      - des dosages des différentes plantes (notamment de la busserole),
      - de la fragilité ou bonne santé de vos reins (plantes diurétiques dans la tisane),
      - et enfin, de la durée de la prise.
      Si c’est du préventif, vous n’êtes pas obligée de prendre tout à la fois, vous pouvez alterner.

  5. marie-claire dit :

    bonjour,

    quelle remède et dosage pour traiter une infection urinaire chez la chatte (en cas de crise ainsi que préventif)?

    notre chatte a depuis des années des cystite; suivi vétérinaire mais infections reviennent régulièrement

    pour infos: la chatte est siamoise et a 17 ans, petit problème/début d’insuficance rénale, elle ne mange que du poulet et de la nourriture humide en boîte de qualité, quelques rares fois des croquettes rénal RC, elle boit régulièrement

    merci pour cet article intéressant et vos réponses

  6. anonyme dit :

    Petites précisions :

    ne jamais traiter soi même une première cystite : consultation médicale obligatoire !!

    pas de phytothérapie si fièvre, douleur lombaire ou symptômes depuis plusieurs jours ==> impose une consultation médicale

    usage de la busserole : maximum 5 jours car l’arbutoside est cytotoxique et max 5 cures par an !!

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